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Le besoin no 1 du CH : un vrai deuxième centre pour libérer Ivan Demidov
Le Canadien a déjà amélioré sa profondeur, mais ses données de jeu à cinq contre cinq et sa série contre la Caroline pointent vers la même priorité : un centre offensif capable de faire vivre un deuxième trio.
Le Canadien sort d’une saison de 106 points et d’un parcours jusqu’en finale de l’Est. C’est énorme, surtout pour un club qui était encore en reconstruction il n’y a pas si longtemps. Mais la fin brutale contre la Caroline — quatre défaites de suite après un gain de 6-2, avec un total de 16-5 au tableau des buts — a aussi servi de radiographie. Le CH a du talent, de la vitesse et une ligne bleue qui prend forme. Ce qui lui manque le plus, à l’approche de 2026-2027, c’est un vrai deuxième centre offensif.
Pas simplement un joueur de centre de plus. Pas un vétéran de soutien qui peut dépanner sur le deuxième trio. Le besoin est un pivot capable de transporter la rondelle, de gagner des minutes difficiles à cinq contre cinq et, surtout, de donner à Ivan Demidov un partenaire qui crée de l’attaque avec lui au lieu d’attendre que le jeune ailier règle tout.
Les faits sont clairs: le premier trio a déjà le calibre d’un premier trio. Nick Suzuki a produit 101 points, Cole Caufield a marqué 51 buts et Juraj Slafkovsky a ajouté 73 points. Lane Hutson, avec 78 points, a donné au jeu de transition une dimension que le CH n’avait pas depuis longtemps. Ce noyau n’a pas besoin d’être refait; il a besoin d’être moins seul quand les meilleurs éléments adverses ferment le jeu.
| Indicateur 2025-2026 | Résultat du CH | Ce que ça raconte |
|---|---|---|
| Fiche / points | 48-24-10 / 106 | Une vraie équipe de séries, pas un mirage |
| Buts pour / buts contre | 279 / 251 | Bilan positif, mais marge encore mince |
| Avantage numérique | 28,0 % | Une force établie |
| Désavantage numérique | 78,2 % | Un secteur à améliorer |
| Part des buts attendus à 5 contre 5 | 49,3 % | Jeu territorial encore sous la barre de l’élite |
Le contraste est important. Montréal a gagné beaucoup grâce à son talent de finition, à un avantage numérique dangereux et à la progression spectaculaire de ses jeunes vedettes. Or, les chiffres avancés à cinq contre cinq placent son différentiel de buts attendus juste sous 50 %. Autrement dit, le CH n’a pas encore contrôlé suffisamment le jeu pour imposer sa loi soir après soir aux formations de tête. Face à la Caroline, une machine de pression et de possession, cet écart est devenu impossible à cacher.
C’est précisément là qu’un deuxième centre de calibre top 6 change une équipe. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter 15 ou 20 buts sur une feuille de pointage. Un bon pivot secondaire réduit la charge de Suzuki, crée une deuxième menace contre les paires défensives adverses et empêche les entraîneurs rivaux de consacrer tous leurs meilleurs défenseurs à Caufield, Suzuki et Slafkovsky. Quand les séries se resserrent, cette profondeur-là vaut souvent plus qu’un ailier qui ne fait que compléter une ligne.
Phillip Danault ne règle pas entièrement cette question — et ce n’est pas un reproche. Son acquisition en décembre était intelligente: il apporte de l’expérience, une conscience défensive et de la fiabilité dans les mises en jeu et les séquences de protection d’avance. Le problème, c’est qu’il a terminé la saison régulière avec 17 points en 75 matchs. Il peut encore jouer des minutes de qualité, mais lui demander d’être le moteur offensif permanent de Demidov serait lui demander de remplir un rôle qui n’est plus le sien.
Kirby Dach demeure une autre variable. Son profil de gros centre habile est séduisant et son talent n’est pas disparu. Mais ses 37 matchs et 15 points en 2025-2026 rappellent pourquoi Kent Hughes ne peut pas bâtir tout son plan sur une projection optimiste. Oliver Kapanen a livré une saison recrue très utile avec 22 buts, mais il n’a que 23 ans et son développement doit rester une option heureuse, pas l’unique assurance du club au centre.
C’est donc ici que la nuance compte: Danault devrait idéalement devenir un troisième centre de luxe, celui qui peut éteindre un gros trio adverse et stabiliser le désavantage numérique. Dach et Kapanen pourraient alors se battre pour des rôles favorables, sans devoir porter le deuxième trio dans les zones difficiles. Le nouveau venu, lui, jouerait avec Demidov — et possiblement avec Zachary Bolduc, Alex Newhook ou un autre ailier — dans une unité construite pour attaquer.
Demidov est la raison la plus convaincante d’agir. Ses 62 points à 20 ans, dont 19 buts, sont excellents. Mais son temps de glace moyen de 15 min 29 s montre aussi qu’il n’a pas encore reçu le plein traitement réservé aux vedettes offensives. Le prochain pas n’est pas de lui donner la rondelle encore plus souvent dans des contextes impossibles. C’est de l’entourer d’un centre capable de récupérer les rondelles dans les coins de patinoire, de trouver Demidov en mouvement et de soutenir le repli quand le jeu tourne mal.
La priorité n’est donc pas un gardien. Jakub Dobes et Jacob Fowler donnent au CH de belles options, tandis que Samuel Montembeault est encore sous contrat pour une saison. Ce n’est pas non plus un défenseur droitier à tout prix. Noah Dobson, Alexandre Carrier et David Reinbacher offrent déjà des solutions à droite, et Dobson, Hutson, Mike Matheson et Kaiden Guhle sont liés à long terme. Il y aura des ajustements à faire derrière, particulièrement pour mieux défendre l’enclave et remonter le désavantage numérique, mais la fondation est là.
Le plafond salarial impose toutefois une discipline. L’espace projeté de 9,78 M$ semble confortable, mais il faut tenir compte des bonis, des contrats à négocier et de la nécessité d’avoir 23 joueurs. Le CH ne peut pas payer n’importe quel prix pour un nom populaire. La cible doit être assez jeune pour accompagner le noyau Suzuki-Caufield-Slafkovsky-Demidov, assez complète pour jouer à cinq contre cinq et assez productive pour rendre le deuxième trio dangereux sans avantage numérique.
Mon analyse: le renforcement au centre doit passer avant l’ajout d’un ailier ou d’un défenseur. Un ailier top 6 aiderait, évidemment. Un défenseur robuste et droitier pourrait aussi devenir utile dans une longue série. Mais un centre offensif fiable améliore simultanément le support à Demidov, la profondeur du top 9, les affrontements à cinq contre cinq et la capacité de survivre quand Suzuki souffle un peu.
Le CH n’est plus à l’étape où il cherche simplement à devenir compétitif. Il l’est déjà. Le défi est maintenant de transformer une très bonne équipe, parfois dépendante de sa première vague, en formation capable de répondre à la pression d’une Caroline ou d’un autre poids lourd pendant quatre rondes. Pour y arriver, le besoin le plus criant n’est pas compliqué: trouver le joueur de centre qui fera du deuxième trio une force, pas un pari.




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