Analyse du jeu · ARTICLE ORIGINAL

Derek Lalonde: sa mission derrière le banc du Canadien

Derek Lalonde rejoint Martin St-Louis pour structurer le jeu défensif et les unités spéciales. Voici ce qu’il doit améliorer chez le Canadien.

PARTAGER
NOTE ÉDITORIALEArticle original du Tricolore fondé sur des sources vérifiées et révisé avant publication. Les sources utilisées sont liées au bas de la page.

Un ajout d’expérience, pas une baguette magique

Fait: Le Canadien a confirmé le 20 juillet la nomination de Derek Lalonde comme entraîneur associé de Martin St-Louis. Lalonde arrive avec plus de 20 ans d’expérience de coaching professionnel, un passage comme adjoint du Lightning de Tampa Bay entre 2018 et 2022, deux coupes Stanley, un mandat d’entraîneur-chef des Red Wings de Detroit et une saison comme adjoint à Toronto en 2025-2026.

Analyse: Le titre compte. Un entraîneur associé n’est pas un simple ajout numérique au personnel: il offre à St-Louis un interlocuteur capable de challenger les décisions, de préparer les plans de match et de suivre des dossiers tactiques au quotidien. Or, aucune répartition officielle des responsabilités n’a été annoncée. Il serait donc prématuré d’affirmer que Lalonde héritera automatiquement de la défensive, des mises en jeu ou des unités spéciales. Mais ces trois volets ressortent naturellement lorsqu’on examine le profil statistique du Canadien et la prochaine étape d’une équipe de 106 points.

Réduire le volume et, surtout, la qualité des séquences défensives

Fait: En saison régulière 2025-2026, Montréal a affiché une moyenne de 3,06 buts accordés par match, bon pour le 16e rang de la LNH, et 27,8 tirs concédés par rencontre, au 18e rang. Son pourcentage de mises en jeu gagnées de 51,0 % se situait toutefois au 11e rang. L’équipe n’est donc pas une catastrophe défensive, mais elle se trouve au milieu du peloton dans les indicateurs qui mesurent directement la pression subie dans sa zone.

Analyse: Le premier chantier n’est pas de demander au Canadien de jouer reculé ou de sacrifier son identité de transition. Il doit plutôt mieux contrôler la séquence qui suit la perte de possession. Trop souvent, une attaque avortée peut devenir une relance adverse rapide, suivie d’une deuxième occasion parce que les attaquants n’ont pas retrouvé leurs repères défensifs assez vite.

Le travail du banc devrait viser des règles plus nettes: quel attaquant ferme le centre en repli, quel défenseur protège l’intérieur lorsque l’autre pince, et à quel moment le troisième attaquant peut soutenir la pression en zone offensive sans exposer la ligne bleue. Dans une ligue où les meilleurs clubs attaquent avec vitesse et activent leurs défenseurs, la structure ne doit pas étouffer l’agressivité; elle doit empêcher qu’une erreur devienne une séquence prolongée dans l’enclave.

Il y a aussi un enjeu de gestion des sorties de zone. Avec Lane Hutson et Mike Matheson, Montréal possède des défenseurs capables de transporter la rondelle. Cette force peut toutefois entraîner des relances trop ambitieuses si les options courtes ne sont pas synchronisées. Lalonde et St-Louis auront intérêt à définir davantage de sorties simples: soutien du centre bas, ailiers disponibles sur les murs, puis deuxième vague en appui. Une défensive plus fiable commence souvent par moins de remises gratuites à l’adversaire.

Les mises en jeu : consolider un atout et spécialiser les missions

Fait: Le Canadien a terminé à 51,0 % au cercle, un résultat supérieur à la moyenne de la LNH et loin d’être un problème collectif. Nick Suzuki a pris le plus grand volume de mises en jeu, tandis que le groupe comptait aussi des options efficaces, notamment Phillip Danault et Jake Evans selon les données détaillées de la saison.

Analyse: La prochaine amélioration ne consiste donc pas nécessairement à gagner beaucoup plus de duels, mais à donner davantage de valeur aux gains déjà obtenus. Une mise en jeu gagnée en zone défensive doit mener à une sortie propre; une mise en jeu gagnée en zone offensive doit créer un tir, un mouvement latéral ou une présence devant le filet. Le pourcentage brut ne raconte pas toute l’histoire.

Le personnel pourrait aussi pousser la spécialisation. Dans les dernières minutes d’un match serré, un centre fiable sur sa forte, des ailiers placés pour récupérer une rondelle libre et un défenseur prêt à fermer la ligne bleue peuvent valoir autant qu’un changement de trio. Dans sa zone, Montréal doit également anticiper les jeux dessinés par l’adversaire plutôt que seulement réagir au premier contact. C’est le genre de détail répétitif où un entraîneur associé peut établir un langage commun et des automatismes.

Le désavantage numérique est le dossier le plus urgent

Fait: Le jeu de puissance montréalais a terminé au 10e rang de la LNH à 23,1 %. Le désavantage numérique, lui, a affiché 78,2 %, au 18e rang. L’écart est significatif: le Canadien a déjà une unité offensive capable de faire payer l’adversaire, mais son infériorité numérique demeure dans la moitié inférieure du circuit.

Analyse: C’est ici que le rendement du banc peut le plus rapidement se traduire en points. Un désavantage numérique à 78,2 % n’est pas désastreux, mais il laisse des buts sur la table pour une équipe qui aspire à s’installer parmi les puissances de l’Est. Le but ne devrait pas être de copier mécaniquement un système de Tampa Bay ou de Toronto. Les effectifs, les gardiens et les défenseurs ne sont pas les mêmes. Il faut bâtir une structure qui correspond aux forces de Montréal.

La priorité devrait être la protection du milieu de la glace. Les unités de la LNH cherchent constamment le tir à travers l’écran, la passe transversale vers le cercle opposé et le retour dans l’enclave. Montréal doit améliorer la coordination entre le haut de sa boîte et ses défenseurs près du filet: fermer l’intérieur avant de chasser sur les bandes, garder les bâtons dans les lignes de passe et récupérer la rondelle avec assez de calme pour réussir une sortie de zone.

Le choix des duos d’attaquants sera tout aussi important. Le désavantage numérique exige des joueurs capables de lire vite, de bloquer des corridors et de gagner une course de 15 pieds sur une rondelle libre. Les mises en jeu défensives après un dégagement refusé doivent aussi être préparées comme des séquences à haut risque. Une victoire au cercle qui mène à un dégagement complet peut changer une présence entière.

Le jeu de puissance, lui, doit demeurer une force, mais il gagnerait à développer davantage de réponses aux couvertures agressives. La saison d’Ivan Demidov, notamment ses 20 points en avantage numérique, confirme que le CH possède de la créativité et des options. Le défi sera de ne pas dépendre d’une seule entrée de zone ni d’un seul côté de la glace. Une deuxième unité capable de maintenir la pression, plutôt que simplement de survivre à sa minute, rendrait l’ensemble plus durable.

Une mission de complémentarité

Fait: Martin St-Louis demeure l’entraîneur-chef et Lalonde complète son personnel. L’embauche ne signale pas une refonte annoncée du système ni un désaveu du travail déjà accompli. Le Canadien sort d’une saison régulière de 106 points et a atteint la finale de l’Association de l’Est.

Analyse: Lalonde arrive au bon moment parce que le Canadien n’a plus besoin uniquement d’apprendre à rivaliser; il doit apprendre à répéter ses bonnes séquences contre des adversaires mieux préparés. La structure défensive, les détails après les mises en jeu et le désavantage numérique sont des dossiers moins spectaculaires que les buts de Caufield, les passes de Hutson ou l’imagination de Demidov. Ce sont pourtant les détails qui déterminent souvent si une jeune équipe gagne une ronde ou devient une équipe capable d’en gagner plusieurs.

La mission du nouveau duo derrière le banc sera claire: conserver l’élan offensif de St-Louis, mais donner au Canadien un plancher tactique plus solide. Si Montréal réduit les longues présences dans sa zone, transforme mieux ses mises en jeu en possessions utiles et fait passer son désavantage numérique de passable à fiable, l’arrivée de Lalonde aura produit un effet mesurable.

SOURCES CONSULTÉES · OFFICIELLES, MÉDIAS ET COMMUNAUTÉCanadiens de Montréal — Derek Lalonde nommé entraîneur associénhl.com ↗LNH.com — Derek Lalonde nommé entraîneur associé des Canadiensnhl.com ↗Sportsnet — Canadiens hiring Lalonde for his experience, notes on Dach, Dobes, Hagesportsnet.ca ↗NHL.DB — Montréal Canadiens Team NHL Stats 2025-2026nhldb.com ↗NHL Faceoffs — Montreal Canadiens Faceoff Stats & Player Leaders 2025-26faceoffs.hockey ↗QuantHockey — 2025-2026 NHL Team Statsquanthockey.com ↗
LA DISCUSSION · MISE À JOUR AUTOMATIQUE

COMMENTAIRES.

0 contributions publiées

Aucun commentaire publié. La première mise au jeu t’appartient.

POURSUIVRE LA LECTURE

À LIRE AUSSI.

Kirby Dach en uniforme rouge du Canadien de Montréal pendant un match.Analyse du jeu

Kirby Dach: une saison pour définir son rôle à Montréal

7 MIN →
Caufield, Suzuki et Demidov sur la glaceAnalyse

Le point du CH à Pittsburgh: un gain qui vient avec un avertissement

6 MIN →
Slaf en action sur la glaceAnalyse

Le compliment de Crosby pose une vraie question au Canadien : jusqu’où peut aller Slafkovsky?

4 MIN →