Analyse · ARTICLE ORIGINAL
David Reinbacher n’a pas besoin de gagner un poste dès septembre
Le cinquième choix de 2023 arrive enfin au camp avec une saison presque complète derrière lui. Son véritable objectif est de devenir la première solution crédible lorsque la défense bougera.
David Reinbacher arrive à un moment particulier de son développement. Depuis qu’il a été choisi cinquième au total en 2023, chaque étape a été évaluée à travers son rang de sélection, les joueurs repêchés autour de lui et les blessures qui ont ralenti sa progression. Cette fois, il peut être jugé sur une base plus normale: une saison de 57 matchs à Laval, 24 points, un différentiel positif et deux premières rencontres dans la LNH.
Le réflexe sera de transformer le camp en référendum. S’il fait l’équipe, le choix était justifié; s’il retourne à Laval, il serait en retard. Cette lecture est trop simple. La défense montréalaise est déjà chargée et la décision de septembre doit tenir compte des rôles disponibles autant que du talent.
UNE SAISON COMPLÈTE QUI CHANGE LE POINT DE DÉPART
La donnée la plus importante de 2025-2026 n’est peut-être pas ses cinq buts ni ses 19 aides. C’est le nombre 57. Après des blessures au genou, à l’épaule et à la main, Reinbacher a enfin accumulé des matchs, des répétitions et des séquences assez longues pour corriger son jeu.
Ses deux rencontres avec Montréal ont servi d’aperçu. Il a obtenu une aide à son premier match et joué 15 minutes au suivant. Ce n’est pas un échantillon permettant d’annoncer qu’il est prêt, mais il a montré que le rythme de la LNH ne lui était pas complètement étranger.
LE PROBLÈME N’EST PAS SON CÔTÉ, MAIS LE RÔLE
Reinbacher lance de la droite, un profil recherché. Montréal possède toutefois déjà Noah Dobson et Alexandre Carrier pour occuper des minutes importantes de ce côté. Le jeune défenseur ne gagnerait rien à rester dans la LNH pour regarder les matchs ou jouer quelques minutes sans responsabilités définies.
À Laval, il peut affronter les meilleurs trios, participer aux unités spéciales et toucher la rondelle dans toutes les situations. À Montréal, il faudrait qu’un rôle réel existe. La bonne décision consiste à choisir l’environnement qui lui donnera le plus de répétitions utiles.
CE QU’IL DOIT MONTRER
Son évaluation devrait porter sur trois éléments. D’abord, la rapidité de sa première décision sous pression. Ensuite, sa capacité à fermer une présence dans sa zone sans multiplier les sorties compliquées. Enfin, la constance de son engagement physique devant le filet et le long des rampes.
Il n’a pas besoin de devenir spectaculaire. Avec Lane Hutson et Dobson, le Canadien possède déjà des défenseurs capables de transporter l’attaque. Reinbacher peut se rendre indispensable en simplifiant les séquences, en avançant la rondelle proprement et en permettant à son partenaire de prendre davantage de risques.
ÊTRE LE PREMIER RAPPEL PEUT ÊTRE UNE VICTOIRE
NHL.com le présente comme le premier candidat à un rappel s’il commence à Laval. Cette position a une valeur réelle. Une saison de 84 matchs crée presque inévitablement des blessures, des baisses de régime et des ajustements. Le premier défenseur rappelé peut prendre un poste et ne plus le rendre. C’est pourquoi la décision de septembre ne fixe pas son véritable horizon: être prêt lorsque la profondeur sera mise à l’épreuve peut avoir plus d’effet sur sa place à long terme qu’un poste obtenu sans minutes ni responsabilités.
Pour y parvenir, Reinbacher doit rendre la décision facile. Un bon mois à Laval, avec des minutes importantes et un jeu stable, pourrait peser davantage qu’une présaison brillante suivie de semaines dans les gradins.
LE RANG DE SÉLECTION NE DOIT PAS DICTER LE CALENDRIER
La comparaison avec les autres joueurs du repêchage de 2023 accompagnera encore Reinbacher. Elle peut servir à évaluer la valeur d’un choix sur plusieurs années, mais elle aide peu à décider où il doit jouer en octobre. Un défenseur ne récupère pas les matchs perdus en sautant une étape; il les récupère en accumulant des minutes de qualité.
Le Canadien doit séparer deux questions. Reinbacher deviendra-t-il le joueur espéré au cinquième rang? Et quel environnement l’aide le plus aujourd’hui? La première réponse demandera encore du temps. La seconde peut être prise calmement à partir de son rôle, de sa santé et de la profondeur réelle.
NOTRE LECTURE
Le camp sera important, mais il ne doit pas être présenté comme sa dernière chance. À 21 ans, après une première saison nord-américaine complète, il entre plutôt dans la phase où la projection doit se transformer en disponibilité réelle.
S’il gagne un poste, le Canadien aura ajouté un jeune défenseur droitier à faible coût. S’il devient la première option de rappel, son développement restera sur une trajectoire logique. Le véritable échec serait de le garder sans rôle ou de le retourner à Laval sans responsabilités accrues.




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