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Les 251 buts accordés du CH cachent-ils deux défensives complètement différentes?
Le total de buts accordés raconte une équipe moyenne. Les contextes racontent plutôt un CH capable de tenir le coup à forces égales, mais encore vulnérable lorsque sa structure se fissure autour de l’enclave.
Les 251 buts accordés par le Canadien en 2025-2026 placent Montréal exactement au milieu du portrait de la LNH: 16e sur 32 équipes. À première vue, c’est le chiffre d’un club ni particulièrement étanche ni franchement poreux. Mais il cache une nuance importante pour la suite: le CH n’a pas défendu de la même façon dans tous les contextes.
Les faits sont assez clairs. Montréal a accordé 251 buts, soit 3,06 par match, tout en terminant avec 106 points. À cinq contre cinq, le club a affiché une part de buts attendus de 49,29 %, selon les données de MoneyPuck reprises par Puckalytics. Ce n’est pas le profil d’une équipe constamment enfermée dans sa zone ou écrasée à chaque présence. C’est légèrement sous l’équilibre, mais ça demeure à portée de correction.
Le portrait devient plus préoccupant lorsqu’on regarde la nature des occasions concédées. Le problème du CH n’est pas seulement de passer du temps dans sa zone défensive. C’est surtout ce qui arrive lorsque cette présence s’étire, qu’une première couverture échoue ou qu’une mise au jeu défensive est perdue et que les cinq joueurs se retrouvent à courir après la rondelle. Dans ces séquences, l’enclave s’ouvre trop vite.
| Contexte | Indicateur 2025-2026 | Ce que ça suggère |
|---|---|---|
| Saison complète | 251 buts accordés, 16e dans la LNH | Résultat défensif moyen, pas une catastrophe collective |
| Cinq contre cinq | 49,29 % des buts attendus | Montréal a légèrement subi le jeu, sans être dominé soir après soir |
| Après avoir marqué en premier | 2,80 buts accordés par match | Le CH a généralement mieux contrôlé ses matchs lorsqu’il imposait son rythme tôt |
| Après avoir accordé le premier but | 3,53 buts accordés par match | Les séquences de désorganisation ont souvent entraîné une soirée plus coûteuse |
| Après deux périodes avec une avance | 2,20 buts accordés par match | Protéger une avance n’a pas été le principal problème sur l’ensemble de la saison |
Une défensive de volume… et une défensive de ruptures
C’est ici qu’il faut séparer les deux défensives du Canadien.
La première est une défensive de volume. Elle concède des tirs, parfois des minutes inconfortables dans sa zone, mais elle réussit assez souvent à garder les tentatives à l’extérieur, à bloquer une ligne de passe et à laisser le gardien voir la rondelle. Montréal a accordé 2 281 tirs au total, ou 27,8 par match. Ce volume est loin d’être idéal, mais il n’explique pas à lui seul une faiblesse majeure. Le CH n’a pas été une équipe qui se faisait bombarder chaque soir.
La deuxième est une défensive de ruptures. C’est celle qu’on remarque davantage à l’œil nu: un ailier qui descend trop bas dans les coins de patinoire, un centre qui arrive une fraction trop tard dans le bas de l’enclave, un défenseur attiré par la rondelle derrière le filet, puis une passe transversale qui transforme une présence ordinaire en chance de grande qualité.
Cette distinction est capitale. Une équipe peut survivre à une longue présence défensive si ses trois joueurs du milieu protègent l’intérieur et si les défenseurs maintiennent leur position devant le filet. Elle ne survivra pas souvent à deux erreurs de lecture consécutives. Le CH de 2025-2026 a été plus pénalisé par ces bris de couverture que par le simple fait de défendre longtemps.
Les mises au jeu défensives: le test le plus révélateur
Les mises au jeu en zone défensive devraient devenir un point de surveillance prioritaire au camp. Pas parce qu’une mise au jeu perdue mène automatiquement à un but — ce serait une conclusion trop facile — mais parce qu’elle met immédiatement à l’épreuve la coordination des cinq joueurs.
Après une mise au jeu perdue, le premier geste doit être collectif: le centre protège le coeur de la zone, les ailiers ferment les options aux défenseurs adverses et la paire de défenseurs contrôle l’intérieur avant de vouloir récupérer la rondelle. Lorsque l’un de ces éléments manque, l’adversaire obtient rapidement un tir de l’enclave ou une rondelle libre devant le filet.
L’enjeu n’est donc pas seulement le pourcentage de mises au jeu. Il est dans la séquence de cinq à dix secondes qui suit. Le Canadien peut améliorer son rendement sans devenir une puissance au cercle: il doit surtout réduire les deuxièmes chances, les retours de lancer et les passes vers le bas de l’enclave après une perte de mise au jeu.
Protéger une avance: moins inquiétant que la perception
On a souvent l’impression que le CH s’est systématiquement replié en troisième période. Les résultats globaux nuancent cette impression. Montréal a présenté une fiche de 29-4-2 lorsqu’il menait après 40 minutes, avec seulement 2,20 buts accordés par match dans ces rencontres. Ce n’est pas parfait, mais ce n’est pas le signe d’un club qui s’effondre chaque fois qu’il doit fermer les livres.
Le vrai danger survient plutôt quand le Canadien tente de défendre une avance en cessant complètement d’attaquer. Il y a une différence entre resserrer le jeu et abandonner la zone neutre. La première approche protège le centre de la patinoire; la deuxième invite l’adversaire à installer son jeu, à accumuler les remises derrière le filet et à provoquer les erreurs de couverture.
Autrement dit, le système de jeu ne devrait pas demander au CH de défendre vingt minutes dans son territoire. Il devrait lui permettre de récupérer la rondelle, de faire une sortie simple et de replacer le jeu à 200 pieds du filet.
Ce que Derek Lalonde peut réellement changer
Il faut être précis ici: Derek Lalonde a été nommé entraîneur associé le 20 juillet 2026, donc après la saison des 251 buts accordés. Il ne peut ni recevoir le crédit des progrès du CH ni porter le blâme de ses lacunes défensives. Son rôle exact n’a d’ailleurs pas été détaillé publiquement par l’organisation.
Cela dit, son arrivée donne à Martin St-Louis un entraîneur additionnel avec une longue expérience derrière un banc de la LNH, notamment comme adjoint du Lightning de Tampa Bay de 2018 à 2022. L’occasion est belle: clarifier les responsabilités après les mises au jeu défensives, établir des repères plus constants pour la couverture de l’enclave et mieux gérer les longues présences.
Mon analyse: le premier chantier de Lalonde ne devrait pas être de rendre le Canadien passif ou de transformer chaque trio en unité défensive. Il devrait être de réduire le coût des erreurs. Une équipe jeune et mobile va parfois perdre une bataille dans les coins. Ce qui doit disparaître, ce sont les deuxièmes et troisièmes erreurs qui laissent un adversaire seul à quelques pieds du filet.
Les 251 buts accordés cachent donc bien deux réalités. Le CH n’a pas été constamment mauvais à cinq contre cinq, ni systématiquement incapable de protéger une avance. Par contre, il a trop souvent offert des occasions très payantes quand sa structure se désorganisait. La priorité n’est pas seulement de passer moins de temps dans la zone défensive. C’est de rendre chaque seconde passée dans cette zone beaucoup moins dangereuse.




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