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Les remontées du CH sont-elles une force… ou le symptôme de mauvais départs?

Montréal a souvent trouvé une réponse après avoir accordé le premier but. Mais les séries contre Buffalo et la Caroline montrent que la résilience ne remplace pas longtemps la qualité des départs de match.

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NOTE ÉDITORIALEArticle original du Tricolore fondé sur des sources vérifiées et révisé avant publication. Les sources utilisées sont liées au bas de la page.

Le CH nous a donné une identité facile à aimer: une équipe qui ne panique pas, qui trouve un but quand le match glisse et qui semble convaincue qu’elle est encore dans le coup, même à 1-0, 2-0 ou à quelques minutes de la sirène. Cette résilience-là est réelle. Elle a porté Montréal à travers deux rondes, notamment face à Buffalo.

Mais elle vient avec une question moins confortable: est-ce qu’on célèbre une qualité, ou est-ce qu’on s’habitue à un défaut? Parce qu’une remontée est spectaculaire. Un bon départ, lui, passe parfois presque inaperçu.

Le premier but: un écart qui raconte beaucoup

En saison régulière, le Canadien a compilé une fiche de 16-14-6 dans les 36 matchs où l’adversaire a ouvert la marque. C’est 38 points sur 72 possibles, pour un taux de points de,528: tout à fait respectable pour un club qui a commencé le match en déficit. À l’inverse, Montréal a affiché une fiche de 32-10-4 lorsqu’il a marqué le premier but, soit un taux de points de,739. Le contraste est majeur: le CH est capable de survivre à un mauvais départ, mais il devient une équipe nettement plus dominante lorsqu’il dicte le premier scénario du match.

Données clés
Situation en saison régulière 2025-2026Fiche du CHPoints possiblesTaux de points
Le CH marque le premier but32-10-468 sur 92,739
Le CH accorde le premier but16-14-638 sur 72,528
Écart——**-,211**

Lecture: Montréal a très bien limité les dégâts après avoir concédé le premier but. Mais la différence de rendement demeure trop grande pour banaliser les départs de match.

Le fait: cette capacité de revenir n’est donc pas une impression créée par quelques soirs magiques. Montréal a gagné 16 matchs après avoir tiré de l’arrière dès le premier but adverse. L’analyse, par contre, est plus nuancée: une équipe aspirante ne veut pas seulement être compétitive dans ce contexte; elle veut y passer le moins de temps possible.

En séries, le problème s’est accentué. Avant le cinquième match contre la Caroline, le CH avait accordé le premier but dans neuf de ses 11 matchs précédents. Les Hurricanes avaient eux-mêmes marqué les premiers dans chacun des quatre premiers matchs de la finale de l’Est. Puis ils ont récidivé au cinquième, complétant une séquence parfaite de cinq matchs avec le premier but.

Voilà la limite de l’identité des remontées: elle fonctionne davantage contre un adversaire qui vous donne des secondes chances que contre une machine structurée pour protéger une avance.

Buffalo: les remontées n’étaient pas seulement du théâtre

Face aux Sabres, Montréal a accordé le premier but dans cinq des sept matchs, selon le bilan officiel du club. Pourtant, le CH a remporté la série 4-3. Ce n’était pas une série où le Canadien dominait constamment le volume de tirs. C’était plutôt une série où il créait, à ses meilleurs moments, des chances plus dangereuses et les finissait avec une efficacité redoutable.

Les trois victoires de Montréal contre Buffalo après avoir accordé le premier but — 5-1 au match no 2, 6-2 au match no 3 et 6-3 au match no 5 — sont particulièrement révélatrices. Dans ces trois rencontres, le CH a obtenu 91 tirs au but contre 92 pour Buffalo: pratiquement l’égalité. Or, les modèles de buts attendus lui accordent un total de 13,27 xG contre 9,51 xG aux Sabres. Ce n’est pas une simple poussée de 40 lancers de la périphérie. Montréal a généralement transformé ses séquences de rattrapage en occasions plus dangereuses que celles concédées.

Le détail important, c’est la façon dont ça s’est produit. Le CH a été dangereux près du filet, sur les retours, dans les replis adverses et sur les attaques rapides. Avant le septième match, NHL EDGE comptait Montréal deuxième de toutes les équipes éliminatoires pour les buts provenant des zones à haut danger, avec 22; les Canadiens avaient aussi devancé Buffalo 14-9 dans ces buts à haut danger au cours de la série.

Ce n’est donc pas seulement une histoire de caractère. C’est une histoire de profil offensif. Quand le CH jouait de l’arrière contre Buffalo, il ne se contentait pas de lancer plus souvent: il gardait assez de vitesse et de talent à l’entrée de zone pour déstabiliser la couverture des Sabres.

Le match no 5 illustre toutefois aussi la part de variance dans cette recette. Montréal l’a gagné 6-3, mais les buts attendus étaient presque à égalité, 3,74 pour le CH contre 3,69 pour Buffalo. Autrement dit, le Canadien a fini par convertir bien au-delà de ce que son volume de chances laissait prévoir. C’est excellent quand ça arrive. Ce n’est pas un plan que l’on peut exiger quatre fois par ronde.

Caroline: quand la remontée ne crée plus d’espace

La différence contre la Caroline a été brutale. Au premier match, Montréal a encore démontré son aplomb: les Hurricanes ont marqué les premiers, puis le CH a inscrit six buts dans une victoire de 6-2. Mais cette victoire a aussi masqué un avertissement. Le Canadien avait marqué quatre fois en première période et n’a obtenu que neuf tirs pour le reste du match, pendant que la Caroline retrouvait peu à peu son rythme.

Après ça, les remontées se sont taries. Le CH n’a plus pris les devants dans la série. De la première marque de la Caroline au match no 2 jusqu’au dernier coup de sifflet du match no 5, Montréal a tiré de l’arrière pendant 95 minutes et 35 secondes. C’est énorme contre une équipe qui ferme le centre de la glace, étouffe les sorties de zone et possède un gardien en pleine confiance.

Le bilan de tirs de la série résume le problème: 167-89 pour les Hurricanes. Montréal est passé d’une moyenne de 25,1 tirs par match lors de ses 14 premières parties éliminatoires à 17,8 contre la Caroline. Au match no 5, le gouffre était aussi qualitatif: 2,16 buts attendus pour le CH, 6,03 pour les Hurricanes, dans un revers de 6-1.

Le fait: le CH a marqué le premier but dans seulement une poignée de ses matchs les plus importants du printemps. L’analyse: Buffalo a laissé Montréal convertir ses moments de transition; Carolina a réduit ces moments, puis a forcé le CH à attaquer une défensive déjà installée. Mon opinion: c’est là que l’identité des remontées cesse d’être une arme et devient une dette tactique.

La leçon n’est pas de demander au Canadien de perdre son aplomb. Au contraire, cette résilience est précieuse et elle a fait grandir un jeune noyau sous une pression immense. Alex Newhook a fini le match no 7 contre Buffalo en prolongation, un autre exemple de ce groupe qui refuse de disparaître.

Mais la prochaine étape est claire: le CH doit devenir une équipe qui impose son rythme avant d’avoir besoin d’un sauvetage. Les remontées font vibrer le Centre Bell. Les départs solides, eux, font gagner des séries plus longues.

SOURCES CONSULTÉES · OFFICIELLES, MÉDIAS ET COMMUNAUTÉ2026 Situational.Htmlhockey-reference.com ↗Image Wikimedia Commons · Jenn G · CC BY-SA 2.0commons.wikimedia.org ↗
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